baty : je suis venu

épilogue de la tragédie initiatique chrétienne



ils sortiront des tombeaux


Pour sortir du royaume de la Bête et entrer dans le royaume de Dieu, les appelés doivent se joindre à la caravane de Jésus et Zorobabel. Seule celle-ci leur permettra de traverser le désert qui sépare la grande Babylone de la Jérusalem nouvelle, là où finalement Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, où la mort ne sera plus, où ni deuil, ni cri, ni douleur ne seront plus (1).

Au chapitre 17 de l’Apocalypse, le royaume de la Bête est appelé métaphoriquement : Babylone la grande, grande Prostituée, Femme assise sur la Bête, grande Cité qui a la royauté sur les rois de la terre… Il s’agit en fait de la Civilisation issue de la Renaissance (de la Bête (2)) : de la Civilisation assise sur la Bêtise. Le monde civilisé est le royaume de la Bête, le royaume de la Bêtise, car il est fondé sur la vision fausse de la Réalité que la quatrième bête de Daniel a imposée à la terre entière : le paradigme hellénistique.

Au début du chapitre 17 de l’Apocalypse, voici comment Jean raconte la vision qu’il a eue de l’opulente et perverse civilisation de l’avenir : Vint un des sept anges qui avaient les sept coupes, et il parla avec moi, disant : « Viens, je te montrerai le jugement de la grande Prostituée qui est assise sur les grandes eaux (3), avec laquelle se prostituèrent les rois de la terre, et s’enivrèrent du vin de sa prostitution les habitants de la terre. (4) »
Et il m’emporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms blasphématoires, ayant sept têtes et dix cornes
 (5). Et la femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et toute dorée d’or, et de pierres précieuses, et de perles ; elle avait dans sa main une coupe d’or pleine d’abominations, et les impuretés de sa prostitution, et sur son front un nom était écrit, un mystère : Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. Et je vis cette femme s’enivrer du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement. (6)

Dans la suite du chapitre 17, l’ange explique à Jean son étonnante vision, tout en attirant son attention sur l’aspect délibérément énigmatique des explications qui vont suivre : « Ici est l’intelligence qui a de la sagesse » (7), le prévient-il… En effet, annoncer en clair l’avenir à tout le monde, c’est fournir à ses adversaires des informations qui permettent d’éviter ledit avenir… Pour fonctionner, la prédiction doit donc rester cryptée jusqu’à réception par ses destinataires — en l’occurrence par ceux qui doivent reconnaître la Femme assise sur la Bête pour ce qu’elle est (la Civilisation moderne) —, ceux-ci ayant alors plus de chance de s’enfuir du camp de concentration cosmique qu’est la grande Babylone !

De même que l’ange Mikaël recommandait à Daniel : « Tiens secrètes ces paroles et scelle le Livre jusqu’au temps de la Fin » (8), l’ange qui parle à Jean verrouille ses explications pour que ceux dont le nom ne se trouve pas écrit depuis la fondation du monde sur le Livre de vie (9) ne puissent les comprendre et interférer. Mais le temps de la Fin étant maintenant venu, tous peuvent comprendre le symbolisme du chapitre 17 de l’Apocalypse en lisant le chapitre « Interrogatoire d’identité » du Signe du Fils de l’homme. L’Adversaire (10) aussi, éventuellement, mais il ne cherchera plus à changer ce qui est prédit…

Car Dieu et le Diable poursuivent le même objectif : la fin du monde. Le Premier doit détruire prématurément (11) la Civilisation pour libérer ses élus de la fascination mortelle qu’elle exerce sur eux, le second — perdu pour perdu — veut ravager par le feu sa civilisation avant que les Élus aient le temps d’en sortir. Pris en tenaille, le monde court à sa fin : les Dix rois — qui sont pourtant des suppôts de Satan — haïssent la Prostituée (12) et ont au cœur de réaliser le dessein de Dieu ! Les appelés doivent donc sans délai s’arracher aux charmes de la Femme assise sur la Bête pour rejoindre la caravane qui les conduira à la Ville sainte qui descend du ciel, d’auprès de Dieu (13).

Cette caravane est a priori prévue pour conduire tous ceux qui sont dans les tombeaux (14) jusqu’aux Sources d’Eaux de la Vie (15). Toute personne figurant au dernier acte de la Tragédie initiatique chrétienne (Temps de la Fin) est en effet vue par Jésus comme étant « dans les tombeaux », car elle a déjà vécu une fois, n’a pas pris part à la première résurrection (16) et est morte (première mort (17)). Aujourd’hui, son corps a été ressuscité en vue du Jugement, et elle bénéficie ainsi d’une seconde chance de sortir du monde de la Bête en se joignant à la caravane conduite par Jésus et Zorobabel. La résurrection des corps de tous ceux qui ont vécu sans jamais tirer leur épingle du jeu explique la surpopulation mondiale actuelle.

La première résurrection a eu lieu durant les mille ans du Règne de Dieu inauguré par Jésus (Acte 1 de la Tragédie), c’est-à-dire tout au long du premier millénaire de l’ère chrétienne. Ceux qui y ont participé ont la vie éternelle, ils ne viennent pas en jugement, car ils sont passés de la mort à la vie pour avoir écouté Jésus et cru Celui qui l’avait envoyé (18). De même que les morts qui avaient alors entendu la voix du Fils de Dieu sont passés de la mort à la vie (19), de même, en cette fin des temps, personne ne peut ignorer la voix du Fils de l’homme, et tous sortent des tombeaux pour aller à ce qu’ils ont choisi d’entendre et de croire : soit la parole de Zorobabel, c’est-à-dire la parole descellée que Jésus a dite, soit l’omniprésente parole du Père du mensonge. Ainsi se réalise cette prédiction de Jésus restée incomprise jusqu’au temps de la Fin :

Tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix (celle du Fils de l’homme) ; et ils sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, mais ceux qui auront commis le mal, pour une résurrection de séparation. (20)

notes

  1.  Apocalypse 21, 4.
  2.  Cf. Apocalypse 13, 3+12+14 ; 17, 8.
  3.  En Apocalypse 17, 15, l’ange des Sept coupes interprète ainsi ce symbole emprunté à l’Ancien Testament : « Les eaux que tu as vues, où la Prostituée est assise, ce sont des peuples, et des foules, et des nations et des langues. » En effet, la Prostituée est par ailleurs en plein désert (17, 3).
  4.  Désignation métaphorique de l’idolâtrie qui règne dans la civilisation moderne.
  5.  Pour l’interprétation des sept têtes et des dix cornes, voir le chapitre « Interrogatoire d’identité » du Signe du Fils de l’homme.
  6.  Apocalypse 17, 1-6.
  7.  Apocalypse 17, 9.
  8.  Daniel 12, 4.
  9.  Apocalypse 17, 8.
  10.  2 Thessaloniciens 2, 4. Tout le passage est cité page 235 du Signe du Fils de l’homme, au chapitre « L’Adversaire ».
  11.  Cf. Matthieu 24, 22.
  12.  Cf. Apocalypse 17, 16 et la suite.
  13.  Cf. Apocalypse 21, 2.
  14.  Jean 5, 28.
  15.  Apocalypse 7,17.
  16.  Cf. Apocalypse 20, 5-6.
  17.  À propos de la première et de la seconde mort, Jésus dit en Luc 12, 4-5 : « Je vous le dis, mes amis : ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, et qui après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez Celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ; oui, je vous le dis, Celui-là, craignez-le. » L’expression "seconde mort" apparaît dans l’Apocalypse en 2, 11 / 20, 6+14 / 21, 8. Cette seconde mort est l’étang de feu (20, 14 et 21, 8), c’est-à-dire ce qui restera du monde après la guerre atomique. Ceux qui adhèrent à ce qu’ils voient y resteront à jamais séparés du Seigneur, c’est-à-dire coupés de leur propre Esprit, comme photographiés sur les murs de la grande Cité.
  18.  D’après Jean 5, 24 : « En vérité, en vérité je vous dis que celui qui entend ma parole et croit Celui qui m’a envoyé a la vie éternelle, et il ne vient pas en jugement, car il est passé de la mort à la vie. »
  19.  Cf. Jean 5, 25.
  20.  Jean 5, 28-29. "Séparation" est la traduction première du terme grec krisis ; d’autres traduisent aussi : jugement, condamnation, etc. Il s’agit de la séparation d’avec le Seigneur, c’est-à-dire d’avec son propre esprit (seconde mort).

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